Les produits Fiskars sont reconnus pour leur concentré d'ergonomie et de design, ainsi que pour la qualité des matériaux de fabrication. En outre, ils sont faciles à utiliser et sûrs. En développant des produits innovants, nous visons à renforcer notre place sur le marché mondial.
Chez Fiskars, la conception est l'affaire de l'équipe dirigée par Olavi Lindén, concepteur en chef. Olavi a commencé sa carrière chez Fiskars en 1971. Aujourd'hui, il est responsable d'une équipe composée de brillants ingénieurs produit et designers industriels dont les idées novatrices constituent la source de nos progrès.
Les outils
« L'outil est une véritable extension de la main de l'homme », affirme Olavi Lindén. « Il faut pouvoir l'utiliser de manière naturelle. » En trente-cinq ans, ses mains à lui ont forgé des dizaines, voire des centaines d'outils.
En 1971, Olavi Lindén, diplôme d'ingénieur en poche, frappe à la porte de l'usine de Fiskars pour travailler en tant qu'assistant d'Olof Bäckström, le designer légendaire des ciseaux orange. Il est alors chargé de développer la technologie, de tester les lames et d'améliorer la conception des ciseaux, tandis qu'Olof Bäckström se concentre sur le travail de design à proprement parler. Pourtant, au bout de quelques semaines seulement, le jeune ingénieur crée son propre modèle de la poignée des ciseaux.
Au début des années 1970, la gamme de produits Fiskars ne comptait que la célèbre paire de ciseaux orange. Olavi Lindén a contribué à l'améliorer tout au long de la décennie. Puis il a mis au point son propre produit : un aiguiseur pour ciseaux. « Un petit objet orange avec des fentes », nous rappelle Olavi. L'idée lui est venue des aiguiseurs des rabots et racloirs par les luthiers. Des chevilles maintiennent la lame ou les ciseaux dans le bon angle pour l'aiguisage.
« Tous les outils ont déjà été inventés : de l'instrument le plus rudimentaire à la hache, en passant par le couteau ou la pelle », affirme Olavi Lindén. « Les outils fabriqués chez Fiskars ont les mêmes fonctions que dans les civilisations primitives. Bien sûr, ils ne sont pas des copies conformes. Grâce à des techniques à la fois modernes et atemporelles, ils ont une durabilité exceptionnelle. »
Après une seconde d'hésitation, il conclut : « Le cycle de vie de nos produits est de 500 000 ans ! »
Le processus
La conception d'un outil est toujours la réponse à un besoin. « Nous ne créons pas n'importe quoi ! », insiste Olavi Lindén. « Il faut identifier un problème, puis se mettre à en chercher la solution, ou déterminer quel détail technique doit être modifié. Tout le processus commence par l'analyse du travail réalisé : il s'agit de le faciliter grâce à un outil plus léger, plus confortable et plus ergonomique. S'il ne peut pas être amélioré, nous nous efforçons d'en réduire le coût de fabrication. » Cependant, tout ne peut pas être amélioré. Olavi reprend ainsi les propos du concepteur allemand Alexander Neumeister, convaincu que le meilleur design correspond au meilleur compromis.
L'ingénieur trouve de nouvelles idées de jour comme de nuit : « Je les note sur des petits bouts de papier que j'ai tendance à perdre. Heureusement, ma femme a acheté des carnets. J'en ai toujours un à mon chevet. » Toutefois, Olavi ne sait pas réaliser des dessins détaillés, et préfère se rendre à l'atelier pour fabriquer un prototype de bois et de colle. L'objet confectionné a plein d'avantages et permet de saisir des détails qui ne ressortent pas sur le papier. En outre, Olavi a toujours considéré le façonnage à la main comme un moyen de trouver de nouvelles idées. C'est pourquoi il admire véritablement le travail manuel.
« Dernièrement, nous avons travaillé sur le manche d'un sécateur doté d'une rainure contenant un ergot. Grâce au prototype, nous avons pu déterminer la profondeur de la rainure nécessaire pour que l'utilisateur ne sente pas l'ergot dans la paume de sa main. En fait, elle est bien plus grande que ce qui était suggéré sur le papier », confie Olavi. « De plus, la réalisation d'un prototype permet de gagner jusqu'à plusieurs jours de travail. En effet, il n'y a pas besoin d'attendre que quelqu'un d'autre termine le dessin. C'est également beaucoup plus facile d'effectuer des changements... et les pièces défectueuses peuvent être simplement jetées à la poubelle sans que personne ne s'en aperçoive ! »
Les prototypes sont soumis aux tests drastiques d'une équipe de choc : celle de la pause-café. Les différents services de l'usine (technologie de production, design outils, etc.) se réunissent en pause. Chacun peut ainsi donner son avis de manière informelle mais non moins productive. « Les commentaires sont parfois vexants », confie Olavi Lindén en souriant. « Lorsqu'on développe un objet dans son coin, on passe parfois à côté de choses évidentes. Le regard extérieur des collègues apporte de nouvelles idées. »
Ainsi de nombreux prototypes sont fabriqués et testés pour donner naissance aux produits finaux : sécateurs, ciseaux, haches et scies. Eux aussi sont mis à l'épreuve en situation réelle par les employés. « Aujourd'hui, par exemple, pendant notre réunion matinale, nous avons décidé d'utiliser les nouveaux sécateurs pendant deux heures supplémentaires avant qu'ils passent en production. Personne ne peut s'en servir pendant si longtemps, donc nous nous sommes relayés. » Les tests d'usure n'ont rien révélé d'anormal. « Enfin, l'avis de la voisine de pallier est souvent très intéressant. Elle fera toujours quelque chose d'inattendu. »
Le design
« Je n'ai jamais étudié le design », affirme Olavi Lindén. « Toutefois, ce domaine m'a toujours intéressé, sans que cela fasse de moi un expert. » Depuis son enfance, il fabrique toutes sortes d'objets avec ses mains. Ainsi, il a commencé très tôt à réaliser des manches de couteau et de ciseaux, avant même de rejoindre Fiskars. « Personne n'attend de l'ingénieur de production d'une usine qu'il ait des compétences en design », regrette Olavi Lindén. « C'est pourquoi nous manquons parfois de crédibilité. »
Cela ne l'a pas empêché de prendre du galon dans le monde du design en remportant plusieurs récompenses pour lui-même et pour les produits Fiskars : le Prix d'État en design 2002, une nomination pour le Designer de l'année 2005, le Prix en Design iF, le Prix Good Design, les Prix de design professionnel finlandais, le Prix Fennia, le Prix Reddot, et bien d'autres encore, décernés à plusieurs sécateurs et pelles, à la hache Handy, à des scies de camping et à des outils de sarclage.
« C'est bon pour un outil d'avoir l'opportunité de le présenter et de pouvoir montrer comment il fonctionne », souligne Olavi Lindén. Les améliorations techniques ne suffisent pas toujours : un produit a besoin que l'acheteur potentiel se rende compte de son intérêt et des nouveautés qu'il apporte. Nous n'essayons pas à tout prix de faire en sorte que nos outils soient beaux. Mais nous n'essayons pas pour autant de cacher leur technologie. Olavi Lindén considère qu'il est important que l'utilisateur puisse faire l'association entre ce qu'il a déjà essayé et ce qu'il voit de l'outil et de ses fonctions. « Appelez cela design si vous le souhaitez. »
Par ailleurs, Olavi Lindén estime faire partie intégrante de la chaîne de développement des produits de Fiskars. « Nos outils sont conçus de l'intérieur vers l'extérieur. Je ne pense pas qu'il soit possible de séparer l'aspect technique du design. Ils sont intimement liés. Les matériaux, la fabrication et l'utilisation d'un produit influencent tous son apparence finale, son caractère. » Les cisailles à poisson de Fiskars ressemblent à un poisson, et ses nombreux sécateurs ont la forme d'oiseaux. Est-ce délibéré ? « Il me paraît difficile de réaliser cela volontairement », affirme Olavi Lindén. « Si un sécateur ressemble à un oiseau, tant mieux. Mais nous n'allons pas ajouter une vis pour faire un œil. Il s'agit, d'une certaine manière, de chance prévue. »
Chance et design
La « chance prévue » est une expression qu'Olavi Lindén emploie souvent pour exprimer le fait que toutes les nouvelles idées sont issues à 90 % de travail pur. En travaillant suffisamment, une proposition va émerger. Pour beaucoup, elle apparaîtra comme due au hasard, alors qu'elle sera simplement un nouvel assemblage des différents facteurs. La chance n'apporte son lot d'innovation qu'à ceux qui gardent les yeux ouverts et savent tirer les bonnes conclusions. « Le hasard est du côté de l'esprit préparé », cite Olavi Lindén.
De vieilles idées écartées peuvent également refaire surface avec le progrès des technologies et des matériaux. Les sécateurs mis au point dix ans auparavant peuvent soudainement être améliorés grâce à de nouvelles techniques de fabrication. Parfois, il suffit simplement de penser différemment. Par exemple, au lieu de fabriquer les pièces séparément avant de les assembler, on peut, en une seule opération, injecter le plastique des poignées d'un sécateur autour des lames et visser les deux parties. Une telle idée ne vient pas d'elle-même. Elle demande une connaissance approfondie des processus de fabrication.
Olavi Lindén souligne que le développement des produits n'est en aucun cas une démarche qui suit des formules et des programmes préétablis. « La flexibilité en constitue le cœur : nous pouvons prédire la publication d'un nouveau brevet si nous travaillons dur. Savoir s'il apparaîtra en juin ou en septembre est une toute autre question. Plus nous prenons notre temps, meilleurs sont les résultats », continue-t-il. Les employés de Fiskars sont chanceux. La crédibilité de la marque repose aussi sur la confiance qu'accorde la direction à son personnel et sur le fait qu'il soit parfois utile d'attendre un peu plus longtemps pour obtenir de bons résultats. Cependant, il est arrivé que des travaux de développement soient interrompus parce qu'ils ne semblaient aboutir à rien de concret.
La recherche n'est pas pour autant complètement anarchique. Comme partout, des programmes et des commandes sont nécessaires. Le seul besoin pour chacun de garder son poste exerce une certaine pression sur le service de recherche et développement. « Nous risquons de nous retrouver au chômage si Fiskars n'a rien à vendre à l'automne prochain. Nous avons tous des missions spécifiques, mais nous sommes également responsables du succès de l'entreprise en général. »
Même si Olavi Lindén est celui qui reçoit les récompenses, il insiste sur l'importance du travail d'équipe. En plaisantant, il explique : « Je ne serais sans doute pas aussi talentueux si je n'avais pas des collègues avec qui interagir. Même si vous êtes l'initiateur d'un projet, vous pouvez facilement vous perdre si vous le menez seul. En effet, vous pouvez vous diriger vers un résultat en lequel vous croyez trop profondément. » C'est pourquoi il est important de recevoir des commentaires sur son travail... Le verdict de l'intraitable jury pause-café, par exemple ! Si quelque chose ne se passe pas comme prévu, nous travaillons tous ensemble pour corriger le tir. Au lieu de nous plaindre, nous réfléchissons aux solutions.